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Le secret de l’abbé Saunière Jean-Michel Thibaux
L'Arche d'Alliance
1885 : l'abbé Bérenger Saunière prend ses fonctions à Rennes-le-Château, pauvre paroisse du Haut-Languedoc, proche de Montségur, qui avait été très riche autrefois. Il y a deux mille ans, les Celtes y avaient habité. Les Wisigoths avaient pris leur suite, jusqu'aux invasions musulmanes de l'an 700. Devenue partie intégrante du comté de Toulouse en 1050, la région avait suivi son seigneur dans le catharisme. L'abbé ignore qu'il doit cette nomination au très discret Prieuré de Sion - adversaire déclaré des Johannistes - qui entend l'utiliser pour une mission secrète : retrouver le fabuleux trésor des rois wisigoths.
« Tout a commencé sous le pontificat de Clément III, en 1188, quand fut coupé l’orme de Gisors à la suite d’une querelle sanglante entre Henri II d’Angleterre et Philippe II de France. D’un côté les Anglais et une foule d’évêques mystiques détenteurs de la pensée de Jean, de l’autre les Français et le pape Clément III descendant spirituel de Pierre, au milieu le Temple et le Prieuré de Sion étroitement liés mais plus pour longtemps, car le grand Maître du Temple, Gérard de Ridefort, prend parti pour le roi d’Angleterre et stigmatise les frères de Sion. Entre les deux ordres, c’est désormais la guerre, et Sion nomme son premier grand Maître: Jean de Gisors. Sion, fondé en 1070 par le moine calabrais Ursus, Sion protégé par la mère adoptive de Godefroi de Bouillon : Mathilde de Toscane, Sion qui a créé l’ordre du Temple en 1113, Sion qui veut changer le monde en réorganisant les sociétés et les races. »

Au septième passage de l'Arche Les murs de Jericho s'écroulèrent. Cet abbé est un enfant de la région, d'origine pauvre, né le 11 avril 1852 à Montazel. Son père était régisseur du marquis de Cazemajou. Cette nomination représente pour lui l'exil le plus total. Il quitte donc son ancienne paroisse Couiza…
« Couiza, 1 juin 1885. Par une matinée de printemps fraîche et ensoleillée, le prêtre avait reçu la lettre de l’évêché: Mgr Billard le mutait à Rennes-le-Château. Et le prêtre avait rassemblé ses hardes, prêché une dernière fois devant ses éleveurs de moutons, fait le tour du village de Clat et était parti sans regret. Comme toujours, les femmes avaient caché leurs visages effarouchés derrière les battoirs lorsqu’il passa la rivière. Il n’avait jamais compris pourquoi il inspirait tant de peur à ces noiraudes, mi-sarrazines mi-espagnoles. Qu’avait-il apporté à ces sauvages ? Et eux, que lui avaient-ils donné ? Pendant trois ans, à leur contact, il a appris à chasser, à pêcher et à pécher. Trois ans l... Mille quatre-vingt quinze jours à côtoyer ces mauvais chrétiens, ces sorciers, ces idiots, ces républicains chers à Ferry et à Gambetta qui préfèrent Marianne à Marie. Il serait devenu aussi stupide qu’eux si l’évêché n’avait pas pris cette sage décision; avec le temps, il aurait peut-être approuvé les initiatives de l’État laïque. « Que le diable les emporte avec leur maudite république ! » pense-t-il en chassant les images de ses persécuteurs, les Ferry, Waldeck-Rousseau, Buisson, Zévort, Sée et autres ennemis de l’Église. Le prêtre marche comme un automate dans la rue principale de Couiza, portant sans peine ses deux grands sacs de voyage rafistolés avec de la peau de mouton et des ficelles. Ceux qui le voient passer le comparent à un lutteur de foire. Les hommes devinent sa puissante musculature sous la soutane et les jeunes filles le trouvent si beau, si volontaire, ses yeux sont si noirs…Mais le prêtre les ignore, il cherche son chemin entre les maisons aux couloirs et aux remises pleins d’ombres équivoques, de chuchotements et de petits rires. On l’observe, on en parle, on fait peser sur lui des soupçons, puis on le regarde disparaître dans un silence enrobé de préméditation. Ils ne savent pas qu’il va rejoindre sa nouvelle paroisse, là-haut sur la colline, sa nouvelle prison. »

Dagobert II: 9 coudées
A son arrivée, Bérenger Saunière découvre son église, l'église Sainte-Marie Madeleine, dans un état de délabrement catastrophique. La toiture est crevée et l'eau tombe sur la tête des fidèles lors des offices. Le presbytère dans lequel il devait s'installer est dans un état encore plus déplorable. Impossible d'y vivre ou d'y dormir. Seules les poules trouvent le lieu agréable. L'époque est aux engagements politiques et l'ensemble du village est proche du radical-socialisme. Ceci est d 'ailleurs une explication de l'état des lieux de cultes. La religion n'a plus le pouvoir qu'elle avait eu au cours des siècles précédents. La République populaire se venge des siècles passés. Bérenger Saunière ne supporte pas cet état de fait. Au cours de cette année 1885 des élections doivent avoir lieu. Les femmes du village se rendent à la messe les dimanches, tant pour écouter les paroles du Christ, que pour écouter et regarder ce prêtre que tous qualifient de bel homme. Il n'hésite pas à donner des consignes de vote à l'encontre des idées en place. Il diabolise la République et fustige le socialisme. Il n'hésite pas à demander à ses paroissiennes d'influencer leurs maris à voter pour les candidats monarchistes. Cette attitude et cette prise de position déplaisent fortement au conseil municipal et au maire de Rennes-Le-Château. Ce dernier n'hésite à écrire au ministre des cultes qui a la charge de l'entretien des lieux de cultes ainsi que d'assurer le traitement des prêtres et des hommes d'églises. Cette lettre fut prise en compte et Bérenger Saunière se trouva suspendu de tout revenu pendant six mois. Le voisin de Saunière, l'Abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains, est un homme cultivé proche de Sion. Il lui conseille de restaurer l'église délabrée de Rennes-le-Château qui se dresse sur l'emplacement de l'ancien palais fortifié des Wisigoths. En 1886, il entreprend les travaux les plus urgents dans l'église. Ces dépenses étonnèrent beaucoup, puisque, sans le sou, il finança ces premiers travaux.

L'Arche quitte Jérusalem.
Il répare l'autel. C'est une épaisse dalle de pierre, dont une extrémité est scellée dans le mur de l'église, tandis que l'autre est soutenue par une colonne sculptée par les Wisigoths. Aidé de deux maçons, il déplace la dalle. Il a la surprise de découvrir que la colonne est creuse. A l'intérieur, des tubes de bois scellés à la cire renferment quatre parchemins. Ce sont des transcriptions de passages de l'Évangile, rédigées en latin dans une écriture archaïque et quelque peu étrange. Cependant, si on les examine plus attentivement, ces manuscrits font apparaître un certain nombre de détails inattendus : les monogrammes respectent des compositions différentes. Des lettres ont été ajoutées au texte. Certaines sont remplacées par des points, d'autres ont été déplacées. La découverte vite ébruitée, le maire propose de conserver ces documents dans les archives. L'abbé, qui ne sait comment rembourser le prêt accordé, lui propose de les vendre et de se charger de la négociation. Saunière les montre également à son évêque, Mgr Billard, évêque de Carcassonne, prélat érudit en relation avec les savants prêtres de Saint-Sulpice dont l'abbé Bieil, leur directeur spirituel.
Le diocèse lui paie le voyage à Paris. Le curé de campagne remet les parchemins à l'abbé Bieil. Ce dernier le présente à son neveu l'éditeur Ané et à son petit-neveu Emile Hoffet, oblat de vingt ans féru d'occultisme et de sociétés secrètes.
« - Soyez prudent, Saunière, murmure l’oblat. La chance peut se retourner contre vous. Mesurez vos dépenses. Nous avons ouvert deux comptes en banque à votre nom, l’un à Toulouse, l’autre à Zurich et deux autres sous votre nom d’emprunt. - Mais je n’ai pas de nom d’emprunt ! - Dorénavant vous en avez un, réplique l’homme qui a déjà parlé, vous vous appelez Pierre Moreau et vos deux comptes à ce nom sont à New-York et à Bruxelles. Tous les papiers, en règle, ont été envoyés chez l’abbé Boudet, en qui vous trouverez un précieux auxiliaire. Nous vous recommandons d’acheter à la première occasion les trois tableaux suivants : le portrait anonyme du pape Célestin V, saint Antoine par David Teniers et Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin. Vous les trouverez en reproduction au Louvre. »
Il devient ensuite l'ami de la célèbre cantatrice, Emma Calvé, originaire de sa région…La suite se devine aisément…

Première Clef de l'Enigme
« - Prêtre !... Et de l’Aude ! Quel bonheur, mon rêve ne m’a donc pas trompée. - Quel rêve ? - La nuit dernière j’ai rencontré un rossignol qui m’a dit que je ferais la connaissance d’un homme. Que faria la gracia de nostre Sénher, la gracia de mon cor e de mon ama’. - Mais vous parlez la langue du pays ? s’étonne en bredouillant Bérenger, troublé par les paroles d’Emma. - Je suis née dans un village de l’Aveyron, à Decazeville... Et elle lui décrit le pays, leur pays. Elle l’emporte dans l’oustal familial, au milieu des iris, des verveines et du basilic, avec Blaise le berger, sous les rochers qu’elle affublait d’oripeaux en imaginant des histoires fantastiques. Elle lui parle comme à un ancien ami, de façon confiante et gaie, mêlant le patois au français, avec un air de franchise candide qui semble signifier qu’il n’y a en elle rien de secret. Bérenger ne peut s’empêcher d’admirer la forme de sa bouche, le mouvement de ses lèvres formant les mots, sa façon exquise d’appuyer d’un geste de la main une image. - ...Cependant, j’ai passé une partie de ma petite enfance en Espagne où mon père, entrepreneur, conduisait le boisage des mines. Peut-être est-ce là-bas qu’est né mon engouement pour le chant, ma mère me raconte souvent ma fugue chez les gitans que j’avais suivis jusqu’à leur campement où l’on me découvrit après de longues recherches, dansant et jouant avec les bohémiens. Et cette histoire finit toujours par la même phrase: « Tu commençais à répéter Carmen. » Elle reste figée quelques secondes, plongée dans ses pensées, dans le rêve bienheureux de son enfance dont le monde luxuriant vient de s’ouvrir brutalement à elle. Bérenger la regarde s’épanouir dans l’éclosion de son bonheur, et, à chacune des phrases qu’elle prononce, il cède un peu plus â sa passion. Il sent un afflux de sang lui picoter le visage et ne trouve pas une parole à dire. Il pourrait chanter les beautés de son Razès, mais comment s’y prendre ? La langue d’azur argenté et radieux du ciel de Rennes recule vertigineusement, repoussée par la lumière de cette femme. »

Axe de l'Enigme Saunière revoit Elie Yeselot – un riche banquier juif, qu’il avait déjà rencontré auparavant - au 76, rue du Faubourg-Saint-Antoine. C’est une ébénisterie abritant des réfugiés juifs russes qui attendent d’être intégrés dans la société française, chose très difficile à l’époque vu l’antisémitisme régnant à Paris ! Saunière est étonné parce que chez lui, dans le Razès, les Juifs mènent une vie tranquille. Elie lui dévoile alors le but de sa mission…
« Je sais tout cela. Il y a longtemps que les tribus de mon peuple ont débarqué sur les côtes méditerranéennes ; peut-être débarqueront-elles un jour sur les plages d’Israël... Mais revenons à nos pionniers. Ils quittèrent la Palestine en 70 de notre ère, après le pillage de Jérusalem par les légions de Titus. Rome leur avait tout pris, même les objets sacrés du Temple : les trompettes d’argent, l’Arche d’alliance, la Table d’or du pain et le Menorah, notre chandelier à sept branches. Des tonnes d’or et de pierres précieuses s’entassèrent désormais dans les temples de la Ville éternelle et y furent conservés pendant quatre siècles. Pendant cette période, les Juifs de l’exil, installés à Toulouse, â Carcassonne et à Narbonne, acquirent la confiance des magistrats et des consuls qui se succédèrent à la tête de ces villes. Puis ils s’allièrent avec les nouveaux envahisseurs venus du nord, les Wisigoths. L’un d’eux, rabbi Halevy, devint même l’un des conseillers de leur roi Alaric. Il participa avec ce dernier au pillage de Rome en 410 et retrouva le trésor d’Israël. Ce trésor fut d’abord emmené à Carcassonne, mais devant les menaces de nouvelles invasions venues du nord, Halevy persuada Alaric d’en cacher la majeure partie. Ce qui fut fait. Dans le jeune royaume wisigoth, il existait une région privilégiée, connue pour ses innombrables grottes qui étaient autant de caches possibles, caches qui avaient servi autrefois aux Celtes et servirent plus tard aux cathares et aux templiers. Cette région, la vôtre, le Razès, avait pour centre stratégique une colline surplombant le carrefour de deux larges voies romaines, c’est là qu’en 412 Halevy et les lieutenants d’Alaric bâtirent Rhedae et dissimulèrent le trésor. Halevy avait des ordres : tous ceux qui connaissaient le secret furent exécutés. Et bientôt il fut le seul avec Alaric à détenir les clefs d’une immense fortune. Le lieu avait été protégé, d’innombrables pièges naturels et magiques - on dit qu’Halevy confia la garde de l’Arche, des tables et de la Menorah au terrible Asmodée, le démon boiteux asservi au roi Salomon - en interdisaient l’accès. Pour y parvenir, il fallait faire preuve de courage et posséder certains talismans. Mais ni Halevy ni Alaric n’y retournèrent, la mort survint au moment où ils s’y attendaient le moins ; cependant ils purent transmettre le secret de Rhedae. Et ainsi fut fait pendant des générations. En 601, à la mort du roi Reccared, qui s’était converti au christianisme, le secret passa à l’Église. Plus le temps s’écoulait et plus l’énigme s’épaississait. En 711, avec l’invasion des Arabes, elle devint une légende... que les initiés continuaient à se transmettre de générations en générations. Rhedae était devenue une puissante ville fortifiée, flanquée de deux citadelles et entourée de deux remparts. D’abord capitale de la Septimanie, elle devint comté. Trente-cinq mille habitants s’y entassaient quand le roi d’Aragon l’attaqua en 1170, rasant une partie de ses fortifications ; il n’y en avait plus que cinq mille quand Simon de Monfort la prit à son tour en 1212, trois mille après le passage des routiers en 1360, plus que mille après celui de la peste en 1361, et aucun quand, en 1362, le comte de Trastamarre pulvérisa ce qui restait de la citadelle. Rhedae avait vécu, un misérable village naquit et prit le nom de Rennes-le-Château. Comment avait pu se transmettre le secret ? Je l’ignore, mais en 1781, la Dame d’Hautpoul de Blanchefort en était la détentrice. - La tombe ! s’écrie Bérenger qui jusqu’à cet instant avait bu les paroles d’Elie, fasciné par les horizons que son ami lui ouvrait. - Oui, la tombe protégée… Le reste de l’histoire, vous la connaissez… Votre nomination à Rennes-le-Château, la découverte des documents, Sion… Tous veulent la puissance. Avec ce trésor, les frères pourraient dominer le monde. - Mais vous, Élie, que voulez-vous ? - L’Arche, les tables et la Menorah... J’ai été désigné par mon peuple pour les récupérer et les emmener en lieu sûr. »

La Seconde Clef Saunière fouille la tombe de la Dame d’Hautpoul de Blanchefort et y trouve un médaillon datant de l’époque romaine. Il le montre à Boudet qui parvient à déchiffrer le message énigmatique : le trésor se trouve au lieu dit « la Montagne de la Pique ». Saunière l’explore avec Marie Denarnaud – sa servante et maîtresse à qui il lèguera tous ses biens - par les galeries des Jendous et y trouve des lingots d’or. Il les confie à Boudet à charge de les convertir en argent liquide. Contraints de retourner dans la grotte par les Johannistes ( obéissant à « l’homme à la tête de loup ») qui veulent une part du gâteau, tout s’effondre. Marie et lui réussissent à s’échapper laissant derrière eux leurs adversaires ensevelis.
Devenu riche, à partir de 1896, Bérenger Saunière se lance dans la restauration de l'église. Il dépense beaucoup, il refait tout le bâtiment avec des décorations étonnantes et parfois pas très… catholiques, tel ce bénitier reposant sur Asmodée, une représentation du diable… En décembre 1898, il achète les terrains autour de l'église. Ses ambitions de constructeurs vont se concrétiser. Les travaux de la villa Béthanie et de la Tour Magdala ( Magdal, poisson de Génésareth ) commencent en mai 1891.
Il mène grand train, il y reçoit des personnages importants tel M. Guillaume, qui s'avère être un membre de la famille des Hasbourg. La Tour Magdala lui sert de bibliothèque. Construite au bord du ravin, elle surplombe le plateau de Rennes-Le-Château. Bérenger Saunière fait construire une serre dans laquelle il met les essences de plantes et de fleurs les plus rares de la région. Il achète même un singe qui ne manque pas d'étonner et d'effrayer les habitants du village. Il a deux chiens qu'il nomme Faust et Pomponnet. Bérenger Saunière et Marie mènent la grande vie… L'Eglise ferme les yeux ! Pourtant le vent tourne ! En décembre 1901, Monseigneur Billard, évêque de Carcassonne décède et est remplacé par Monseigneur de Beauséjour. Celui-ci apprend la vie de son curé de Rennes-Le-Château. Il enquête et constate que ce qu'on lui a rapporté est bien en dessous de la vérité. Il décide de demander des comptes au curé de Rennes-Le-Château. Les réponses de Bérenger Saunière sont laconiques. Ils se contentent de dire : " J'ai reçu de nombreux dons qui m'ont permis de réaliser l'embellissement de l'église du village. Mes donateurs souhaitent rester dans l'anonymat. " Sous prétexte de simonie et de trafic de messes, Mgr Beauséjour le fait suspendre "a divinis" le 5 décembre 1911; les villageois lui restent cependant très attachés. Son ami l’abbé Gélis de Coustaussa est assassiné par les hommes de Corvetti, l’homme à la tête de loup. Ils lui voilent les documents confiés par Saunière. Ceux-ci permettraient de retrouver l’Arche de l’Alliance. Corvetti s’avère être l’homme de main des Johannistes qui veulent maintenir l’autorité du pape sur l’Europe…
Le cinquième gardien
« Les documents légitiment à la tête de l’Europe et de la Chrétienté, les Habsbourg, effaçant de droit la souveraineté du pape. Quelle force, n’est-ce pas ? Toutefois il faut se méfier des mythes. Pourquoi les Habsbourg et pas les Bourbons, par exemple ? Impossible de dire, du moins tant qu’on n’aura pas la preuve que le premier empereur Rodolphe, élu en 1273, est un descendant de Dagobert II et de la princesse Mecthilde de Saxe. La devise des Habsbourg est AEIOU, Austria est imperare orbi Universo (« Le destin de l’Autriche est de commander à l’Univers »). L’affaire se complique encore plus parce que tous ces gens veulent s’approprier le trésor symbolique caché sous les montagnes, ces objets sacrés qui donneront à leurs possesseurs des pouvoirs surnaturels. »
Le 29 mars 1915, sur son lit de mort, Boudet lui fait de nouvelles révélations sur une cachette située « Au fauteuil du Diable », rocher posé au bord de la Blanque. Il s’y rend poursuivi par Corvetti et ses sbires. Saunière est le seul à déjouer les pièges et à survivre. Il atteint enfin l’Arche et son trésor. De retour à Rennes, il veut élever une nouvelle tour de Babel. Il divague ayant perdu toute notion du bien et du mal. Il est alors frappé d'une crise cardiaque. Il fait mander son voisin, curé d'Esparaza, l'abbé Rivière qui lui donne les saints sacrements. Il meurt le 22 janvier 1917. Marie expose son corps recouvert d'une couverture à pompons rouges. Chacun lui rend hommage coupant un pompon pour l’emporter en souvenir…

Sous la dernière Clef, la Vérité
Fondé sur des faits réels et une connaissance approfondie des sociétés ésotériques « Le Secret de l'abbé Saunière » nous entraîne au cœur des sombres arcanes du Prieuré de Sion et nous dévoile les mystères de la si troublante énigme de Rennes-le-Château. Œuvre polyphonique superposant roman de suspense et récit historique, elle mêle présent et passé et traite de thèmes chers à son auteur : étrangeté et quête ésotérique. C'est donc une œuvre complexe, destinée aux initiés, qu'il est difficile d'embrasser d'un seul regard et dont on ne peut pénétrer d’emblée les énigmes. Elle nous intrigue par les thèmes abordés : Sion et les Johannistes. Un roman à clés qui ne laisse pas le lecteur indifférent et éveille en lui des interrogations. L’auteur se propose d’esquisser une piste de réflexion qui s’appuie sur deux questions : quelle est l'actualité de ce retour dans le passé ? Quel est l'aboutissement de ce voyage à travers l'espace et le temps ? Il s’amuse également à freiner le mouvement, à détourner l’attention sur des détails dont aucun n’est indifférent. Les ralentissements sont utiles. La jonglerie est étourdissante, à tel point qu’on en regrette presque de voir avancer, malgré tout, le récit vers sa conclusion. Voilà l’apport d’un écrivain de talent au service de l’Histoire. Cela donne un magnifique roman touffu !

Pas à pas, je me rapproche. A chaque pas une blessure. A chaque pas une déchirure. Quatre fois, je l'ai révélée dans l'écriture. Seule Oriane, dans le Naos de Louxor connait mon secret. |
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